AQUANDES

UNE FAMILLE EN AMERIQUE DU SUD

CARNET DE ROUTE 3

 

Trajet

Voyager

 

Par Laurent

Nous venons de traverser le rio Salobra sur un long pont de bois, à peine plus large qu’Enzo. L’endroit ou nous avons choisi de passer la nuit est un hôtel sur pilotis situé au milieu de la zone inondable du sud du Pantanal. L’établissement est partenaire du WWF dans un projet global de développement écologique. Nous sommes installés sur une langue de terre en marge du parking quasiment entourée par le marais. La faune est omniprésente et presque à portée de mains. Nous pouvons observer, à une distance de moins de 10 mètres : des jacarés, des carà-carà, des faucons pécheurs et des capibaras. Pendant la promenade en barque, nous avons enfin l’occasion de voir des tuiuiu, l’emblème du Pantanal. Dans la fazenda de l’hôtel, les jacarés se reposent à trois mètres du chemin. Un couple de grands aras bleus vit dans l’arbre au dessus d’Enzo. Dans l’après midi, nous partons pour une promenade de deux heures à cheval dans le marais. A certains endroits, nous avons de l’eau jusqu’à mi-mollet.

Après ces moments inoubliables passés au milieu de la nature, nous reprenons la route pour Bonito. Un camionneur nous avait affirmé qu’elle était excellente ; il nous faudra 3h30 pour parcourir les 7O derniers kilomètres de piste. Bonito est reconnu pour ses eaux limpides et poissonneuses. Pour la première fois depuis plusieurs mois, nous avons froid. Dans les rues, même les toutous à leur mémère ont revêtu leur manteau de laine. Nous nous abstenons donc de faire trempette. 

Le vendredi 5 mai, nous quittons Bonito, bien décidés à rejoindre le Paraguay. Apres 50Km d’une route excellente, nous heurtons violement une marche de 20cm à l’entrée d’un pont. Elle était invisible et non signalée. Quelques kilomètres plus loin, une odeur persistante d’huile brûlée nous force à nous arrêter. Sur toute sa longueur, le dessous du camion dégouline d’huile de vidange ; les flancs et l’arrière en sont maculés. Le diagnostic est vite établi : le pont avant est monté violement au passage de la marche et a cogné le moteur. Le carter en aluminium est fendu. Grâce à l’aide de la personne devant chez qui nous nous sommes arrêté, nous pouvons rejoindre un garage ou le carter est ressoudé. Pour ceux que la technique intéresse, il est ressoudé à l’arc et le ressuage est effectué avec de l’eau et de l’air comprimé.
Cet incident démontre à quel point nous avions pris confiance dans la signalisation brésilienne. Elle est omniprésente et précise. Quand, cela fait 10 Km que vous vous traînez 30 Km/h et qu’elle vous ordonne de ralentir pour un virage. Quand elle vous signale que la route est dégradée sur les prochains… 80 Km. Quand il n’y a rien à signaler, elle vous rappelle de boucler votre ceinture ou de … respecter la signalisation.
La route au Brésil, c’est aussi les camionneurs, que nous croisons aux stations services. Ils nous assaillent de leurs questions et de leurs conseils et, nous font de grands signes quand, après, nous les croisons. 

Nous entrons au Paraguay par curiosité. Ce pays, dont beaucoup ne connaissent que le nom, n’est ou peu repris dans les guides. D’entrée, nous sommes frappés par l’omniprésence des contrôles policiers. Pas une ville, une bourgade, un hameau, un carrefour sans son poste de contrôle. Contrairement au Brésil, où nous avons roulé pendant des dizaines de kilomètres sans croiser une habitation, ici, les nationales traversent une myriade de hameaux et de villages. On croise partout des gens sur les routes ; à pied, à cheval, à vélo, en moto, en char à bœufs… 
A Asunción, nous garons Enzo pour la nuit derrière le restaurant Westphalia. C’est l’anniversaire de Xavier et nous décidons d’y souper. En entrant, c’est le choc ; nous sommes en Bavière. Les poutres travaillées, les nappes à carreaux, le feu qui crépite dans l’âtre, le portrait du kaiser sur la cheminée… il ne manque plus que Frida Um Papa. Ceci nous rappelle que l’Amérique du Sud a vécu une forte immigration italienne, polonaise et allemande. 
Nous trouvons le Paraguay oppressant et décidons de ne pas nous éterniser. Nous traversons le fleuve Parana qui marque la frontière avec l’Argentine. 

A Posadas, capitale de la province de Missiones, nous retrouvons les impressions que nous avions eues à Buenos-Aires. Il y règne une certaine sérénité et une sensibilité très européenne.
Nous avons décidé de remonter lentement vers Iguaçu en suivant le fleuve. Le premier arrêt est San Ignacio, où se trouvent les ruines d’une importante mission jésuite. Nous rendons une visite surprise à des amis argentins qui vivent à Puerto Rico. Nous passons quelques journées formidables avec eux.

Par une fin de journée ensoleillée, nous nous installons au camping Viejo Americano du coté argentin des chutes d’Iguaçu. Nous y faisons connaissance de Peter et Claudia de Hollande, de Peter et Suzana de Suisse et Freddy et Rita d’Allemagne. Tous voyageurs au long cours, comme nous. Nous échangeons nos expériences et nos trucs et astuces. Le jour où nous décidons de visiter les chutes, il fait gris. Nous parcourons les sentiers qui sillonnent ce site immense et exceptionnel. Certains points de vue sont tellement proches des chutes que nous sommes trempés par les embruns ; ce n’est pas grave, de toute façon il pleut ! Trempés pour trempés, nous nous inscrivons à la promenade en hors bord. Le courant est tellement fort qu’ils ont besoin de 300 Ch. pour naviguer en sécurité. Ils foncent dans les chutes et se laissent refouler par le courant. Le point le plus impressionnant du site est la Gorge du Diable. Du coté argentin il n’est visible que d’en haut mais la passerelle est ancrée à l’aplomb de la falaise, au milieu de la rivière. On a vraiment l’impression d’être aspiré par un tourbillon d’écume. Les Argentins disent que, si ils ont les chutes, ce sont les brésiliens qui ont la vue. Effectivement, si en Argentine on est dans les chutes, en contact avec la furie de la rivière, au Brésil, on peut mieux se rendre compte de la dimension du site. On y voit des chutes de tout débit et de toute dimension à perte de vue.

Le barrage hydroélectrique d’Itaipu est l’autre grande attraction de la région. Avec 196 m de haut et 8 Km de long, c’est actuellement le plus grand en service au monde. Il garde le record de la puissance électrique développée avec 14000 mégawats. Cela correspond à plus de 15 centrales nucléaires.

 

Par Véro

Premier constat :
Chaque jour, il faut remotiver la troupe ! C’est bien plus amusant de jouer avec les Légos, de bouquiner ou d’observer les chutes d’Iguaçu.

Deuxième constat :
L’enseignement à distance, c’est plus facile ! Xavier a directement commencé avec les cours de l’enseignement à distance. Quant à Sébastien, il poursuit sa 2ième primaire avec les notes de cours de son institutrice. Ce n’est pas évident d’organiser son travail. Combien de feuilles par jour ? Combien de temps faut-il accorder par feuille ? Après quelques tâtonnements, nous sommes arrivé à un bon compromis : 6 à 7 feuilles par jour et 1 dictée tous les 10 jours. Cela représente +/- 3h de travail par jour pour Sébastien. Il devrait arriver au terme de sa deuxième début juillet, nous enchaînerons directement avec la 3ième primaire et les cours de l’enseignement à distance.
Nous donnons école 5 matinées par semaine. A l’école du voyage, il n’y pas de vacances !
Quant à Gaëtan, il utilise les livres de 3ième maternelle depuis Pâques. Ca l’ennuie déjà, c’est trop « fastoche « !!! Je complète par des exercices oraux de calculs, de repères espace-temps, sur le corps humain etc.…Il débutera probablement sa 1ière primaire en septembre quand il aura acquis un peu plus de dextérité pour l’écriture. Nous utiliserons les notes de l’école, le travail de première est nettement plus simple à organiser.

Dernier constat :
Grammaire, dictionnaire et atlas : INDISPENSABLES! Eh, oui, Papa et Maman ont des trous de mémoire et ils ne savent pas tout ! Qui sait encore ce qu’est un adjectif épithète, qui sait où se trouve Port Darwin ???
Nous cherchons encore Port Darwin…au secours !!!

Voyages dans les rêves ou rêves de voyages…

Tout en observant les chutes d’Iguaçu, Gaëtan me demande s’il existe d’autres chutes comme celles-là. Je lui parle des chutes du Niagara et de Victoria. Je les lui montrerai sur l’atlas.
Je signale à Laurent qu’il ne me reste plus que celles de Victoria à voir. N’y a-t-il pas une liaison maritime entre Buenos Aires et l’Afrique du Sud ? Laurent, si on traversait l’Afrique pour rentrer ? Et il répond : On peut aussi rentrer par l’Alaska et la Sibérie ! Je lui rétorque : Tu sais qu’il faut 8h pour traverser la frontière Russie/Pologne, que ça coûte 800 Euros pour entrer en Egypte, que ça NE coûte que 43 US$ le m3 le passage en RO-RO de l’Equateur vers le Panama…La pause carrière, c’est 5 ans… ? L’argent… ?
Le lendemain, avec Gaëtan, devant l’atlas, je rêve devant des noms tels que Guatemala, Yellowstone, Alaska, Victoria, Casablanca, Dakar, Tunis, Kenya, Beyrouth, Budapest Prague, Vladivostok, Calcutta, Pékin, la Route de la Soie, St Petresbourg…
La Grand Place de Bruxelles, le parc de Chevetogne, les canaux de Bruges me semblent tellement loin sur la carte et dans le temps.
Tous ces rêves, ces incertitudes, ces doutes…c’est tellement rassurant. La majorité des voyageurs que nous rencontrons ont les mêmes rêves, les mêmes incertitudes. 
Le voyage autorise tous les rêves !

 

Par Xavier

A Ponta-Pora, les papiers pour sortie du Brésil se sont passés agréablement car c’était rapide. Par contre, côté Paraguayen, c’était lent de chez lent. Une fois les papiers terminés, en route vers Asunción. Nous y sommes arrivés le 12 mais mon anniversaire se fera à Puerto Iguazu. Les contrôles de police au Paraguay sont énervants. A Posadas, nous passons la frontière avec la province de Missiones en Argentine. Dans cette petite province il y a eu des missions jésuites pendant 150 ans. Nous avons visité les ruines de la mission de San Ignacio. A Puerto Rico, chez des amis argentins, nous avons appris comment se préparait le maté. Ca ressemble à du thé, ça se boit à l’aide d’une paille avec un filtre au bout et on peut le mélanger avec de l’eau, du jus, du soda… Au camping à Puerto Iguazu, nous avons rencontré des hollandais, des suisse et des allemands qui voyagent en motor-home Du coté argentin nous avons fait le tour des chutes sur des passerelles. La plus impressionnante est la Gorge du Diable. Nous avons fait une promenade en bateau jusqu’en dessous de la chute Saint Martin. Après, du côté brésilien, nous allons au majestueux barrage d’Itaipu. Le plus grand et le plus puissant barrage du monde. Cette énorme masse de béton et ses 14000 Mwats le rend encore plus majestueux. Le samedi soir et le dimanche soir on peut le voir illuminé.

 

Par Sébastien

LE CAMION C’EST GENIAL POUR LES BOSSES

En tout terrain, il roule très vite et c’est amusant. On s’amuse comme des fous et des fois on rit tellement qu’on ne peut plus se rattraper. On a pris plusieurs fois le bus. On est allé à Ciudad Del Este ou on a vu que des magasins et pas une seule maison. 
Je suis allé voir les chutes en Argentine. On a vu beaucoup de chutes. Papa, mes frères et moi sommes allés en bateau. Nous sommes allés près des chutes et à un moment donné on a été un tout petit peu mouillé. Ensuite, nous sommes allées sous la grande chute Saint-Martin ; à la deuxième fois j’ai reçu une vague dans la figure et j’étais trempé comme un poisson mouillé !
Puis on a vu les chutes au Brésil, on n’était même pas mouillé.
J’ai vu le barrage d’Itaipu. On va lui rajouter 2 turbines cette année. C’est le barrage le plus puissant, il a 14000 mégawatts. Au total, le nouveau barrage chinois aura une plus faible puissance électrique. Nous avons vu le barrage illuminé ; c’était très très très joli.
Bisous à tous mes copains d’école !

 

Par Gaëtan

Je suis allé voir les chutes d’Iguaçu en Argentine. Il ne faisait pas beau ; il pleuvait ! On a beaucoup marché et c’était beaucoup impressionnant. On a été très mouillé parce qu’on a été très près des chutes avec les passerelles. Nous sommes allés sur un bateau. Le bateau est allé 2 fois dans la chute et j’ai vu 2 fois la Gorge du Diable. Ce n’est pas la vraie, gorge d’un vrai diable, c’est juste le nom de la plus grande chute. Après avoir fait le bateau, je sentais que j’allais attraper un rhume tellement j’étais mouillé.
Prés des chutes au Brésil, j’ai vu tout plein de coatis ; ils étaient tout près de moi. J’avais un peu peur mais ils ne sont pas méchants. J’ai vu je ne sais plus combien d’arc-en-ciel !
Dans le parc des oiseaux, j’ai vu des toucans. Je vous dit les couleurs parce que peut-être que vous n’en avez jamais vu. Le corps et la tête sont noirs et le bec a les mêmes couleurs qu’un couché de soleil (Maman : Eh, Gaëtan, c’était mon expression celle-là !!!). J’ai vu des serpents et heureusement c’était dans une galerie fermée. J’ai vu un iguane. C’est très laid. Il a des peaux qui pendent près du cou, des espèces de cheveux en pétards. J’ai vu des flamands roses. J’ai vu plein de perroquets et certains faisaient “Oin, Oin”. Il y avait des autruches. J’ai vu un casoar qui a des espèces de grosses pattes et des griffes aux ailes. On est rentré dans une grande cage de perroquets ; ils volaient dans tous les sens. Un grand perroquet bleu est venu tout près de moi et j’ai eu très peur et le Monsieur gardien des perroquets a expliqué qu’il était gentil. Mais j’ai quand même pleuré.
Ensuite, nous sommes rentrés au camping et nos copains suisses étaient arrivés. On les avait rencontré au camping des chutes en Argentine. On a mangé plein de fois avec eux. Avec eux on pris tout plein de bus et on est allé au Paraguay dans une ville pleine de magasins. On n’a pas du faire des papiers à la frontière.
Je suis allé voir le barrage d’Itaipu illuminé ; il se trouve sur le Rio Parana, je crois. Derrière le barrage d’Itaipu il y avait le lac d’Itaipu. 
Et ma Maman a déjà vu les chutes du Niagara et elle a plus que les chutes de Victoria à voir. Je crois que c’est en Afrique.
Je vous raconte une bonne blague : Je trouve une pomme, je vous dit pomme ; ensuite je trouve un américain et je dit Hello. Ensuite ça fait pomelo !!!

J’ai oublié de vous dire un truc. J’ai vu des ouistitis…non. Des babouins…non. C’est quoi encore ? Ha oui, des sagouins.

 

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